vendredi 26 novembre 2010

Chronique sur Coreandco



Pour ne rien vous cacher, c’est mon excellent et prolifique confrère Will (Refuse to keep silent) qui m’a fait découvrir l’univers riche de Drunken C. « Tu vas voir, tu vas adorer ». Certes, nous partageons entre – autres, une passion commune pour le rock bruitiste des années 90. J’ai donc écouté Toc Toc Toc, le premier effort ( ?) paru en janvier 2010 et je fus assez tôt absorbé par la forte tenue du propos et particulièrement par le morceau "Tussing and Turning" ; Lo-Fi mais délibérément envoûtant.



Drunken C– pour Drunken Butterfly (Sonic Youth) – est un projet à considérer comme un laboratoire. Des essais-échecs, des mises en gestation, du travail sans répits pour en extraire la substantifique moelle mélodique ou bruitiste qui accompagnera le titre.

Forte d’une expérience de vie variée, des voyages, des groupes antérieurs, un temps passé à Montréal, Cécile Raynaud triture et expérimente depuis 3 ans un rock noisy, référencé, célébrant l’électricité libre et les souffles sourds des années new-wave. Pour mieux comprendre sa démarche, il est impératif de rencontrer cette artiste multiple via son blog ou la réalisation par exemple de la pochette qui accompagne ce disque et les courtoisies qui l'accompagne, du travail d'orfèvre. Les images, les sons, les vidéos choisis sont tous tournés vers une forme de célébration d’une certaine contre-culture. A l’instar de Madame B (chronique de Topsy Turvy world), Cécile Raynaud nous propose un tout. Et oui, on trouve quelques similitudes dans leurs ‘mondes’ respectifs. Amusant de constater que chez les filles, on trouve davantage un « tout » lorsqu’elles prennent le maquis. Pas de fausse pudeur mais le respect envers les aînés et une inscription dans la suite, logique !



"Soul Empty" annoncé par une boîte à rythme punkoïde apporte tout en échos la voix malicieuse de Cécile, ambiance sombre comme Robert Smith se plaisait à écrire à l’époque des 3 garçons imaginaires ! Beaucoup de fougue et de morgue dans la voix. Le morceau s’annonce déjà comme un classique instantané. "Mary is dead since" nous plonge en plein trip Sonic Youth. "Disrespecful summons" nous invite chez PJ Harvey. Voyage à travers les émotions. "Cloud Jesus" qui s’insinue en nous sous forme d’interlude est une des plus belles preuves de liberté de création de l’auteur, on aimerait le titre plus long. Phase 2. De "Dreamevil" à l’electro-choc "The sweet Devil Hand", Drunken C explore toutes les facettes précédemment cités. Le résultat n’en est que plus enthousiasmant puisque l’auditeur est habité par toute la mesure de l’œuvre et la personnalité de son interprète.



Au final, on se dit que Dreamville mériterait une production plus habillée, tant les morceaux crus ont déjà de la tenue.

Ukhan Kizmiaz
le 26/11/2010

Photobooth


lundi 1 novembre 2010

DREAMVILLE chroniqué par Les Immortels


Les albums qui paraissent en automne subissent le même traitement que les fictions de la sortie littéraire. De ce côté, 700 romans nouveaux (avec bien peu de nouveaux romans). De l’autre peut-être autant de C.D.. De ces deux flots, que retient-on ? Une quinzaine de têtes d’affiche. Toujours les mêmes. Elles bénéficient des bonnes cartes et des bons réseaux. Le reste passe à la trappe. Il y a pourtant dans tout ce qui reste des pépites. Le Dreamville de Drunken C (Cécile Raynaud) en est une. D’habiles déconstructions neo new wave très sombres mais pleines d’énergie donnent à cette « ville de rêve » une atmosphère très spécifique : de fait l’auditeur est projeté dans une des villes dressées dans les cauchemars de Lars von Trier. Electro et rock dark s’engouffrent dans les rues sordides pour faire lever d’étranges nuages sonores parfaitement envoûtants et riches d’interdits macabres. Tout évolue de manière menaçante, sinistre, presque dantesque pour venir crucifier une seconde fois jusqu’au Christ lui-même armé de buis béni dans les maisons de cette cité inquiétante où l’artiste nous fait perdre pied.

La musique germe sur des remblais plus que sur des ramblas. Pas de sucrerie, juste des fish and chips dans du papier gras. Le romantisme n’est pas au rendez-vous. Depuis longtemps il a dû chavirer et rentrer en catalepsie. Et il ne faut pas compter sur Drunken C pour le réveiller : elle a mieux à proposer. Les sons se vrillent ou surgissent par secousses. L’artiste se fait négresse blanche à la voix parfois acidulée mais, surtout, bitumeuse à souhait. Dans ses avancées sonores aussi massives que vulnérables les certitudes tanguent sans pour autant que la musique déraille. Chaque morceau possède sa particularité, sa propre noirceur. Dans leurs nappes aucun effets. Chaque titre s’enfonce par spasmes pour infuser et paradoxalement en énergie vitale une brume sombre. La guitare secoue parfois les cendres mais le gris s’accroche aux poumons de l’artiste pour en extraire des ahanements hypnotiques (”Dreamvil”). La musique possède la capacité rare de creuser le présent aussi bien par riffs et cérémoniaux répétitifs (”Soul empty”) que par des mélopées abyssales (”Clouds Jesus”). Se crée une rencontre mystérieuse dont seule la fréquentation assidue procure les clés. Peu à peu, Dreamville épouse et construit notre musique intérieure – la seule qui vaille l’abandon de l’ouïe à « l’altération » sonore.

Les divers tempos créés par la musicienne donnent sa mesure du monde. Et rarement un album semble si proche de la couleur du temps. Sa tonalité crée une dilatation moléculaire d’un océan de fantômes en perdition mais qui semblent vouloir croire encore à l’existence. Chaque morceau rêve d’un temps à l’état pur et d’une invasion des sens par une poésie sonore qui devient celle de l’abandon. Là où trop de musiques piétinent, singent le mouvement Drunken C lui redonne la vie en prenant tout en charge : musique, instruments, textes et même photographies. Ce qui ne veut pas dire que l’artiste ait une mentalité de propriétaire. Au contraire. Passant sa propre éloquence et sa facilité à la moulinette, refusant la loi des modes, sa musique n’est pas absorbée par la musique. Cécile Raynaud (car il faut bien aussi l’appeler par son nom) sait que toute création sonore ne peut avancer qu’en oubliant les écoles. Elle ne se crée qu’offerte à l’aventure de ce qui la déborde. A ce titre Dreamville reste un des CD les plus remarquables de l’automne 2010.


http://www.lesimmortels.com/blog/chronique-musicale/2681/2010/10/31/drunken-c-dreamville-2010-autoproduit/

vendredi 29 octobre 2010

Chronique et Interview sur le Blog des Metastases

Mercredi 27 octobre 2010

Drunken C - Dreamville
par Domino

http://img10.hostingpics.net/pics/331906Drunken_C_cover.jpgParfois tombe du ciel de petites choses comme cet EP. Noisy à souhait, tranchant quand il le faut, et surtout furieusement bien troussé, la galette en a dans le ventre ! Et c’est sans plus attendre qu’on va décortiquer ça de suite. Pas de perte de temps !

C’est avec un goût prononcé pour des sonorités un brin datés (c’est là tout le charme) que débute cet EP. Beatbox minimaliste vite rejointe par une guitare et une basse s’unissant dans une obsédante procession, le titre s’étend sur 4 bonnes minutes comme une parfaite démonstration de ce qu’est Drunken C, c'est-à-dire de l’efficacité pure. 'Mary Is Dead Since' s’infiltrera de la même façon chez l’auditeur grâce à son épais et chaleureux mur de guitares noisy. On laisserait notre esprit penser à
Nine Inch Nails, celui des débuts, impression confirmé par le titre suivant encore davantage marqué par le spectre de l’ami Trent.

Mais la demoiselle sait y faire, et avant qu’on puisse aller lui reprocher d’être un peu trop influencée, elle nous sert un interlude tout en ambiances vaporeuse qui offre une parfaite coupure dans l’ensemble avant de repartir de plus belle. "Dreamevil", furieuse comme une chute violente dans un cauchemar cybernétique avec ce bruit de fond incessant, suivi de "Give Your Me Your Eyes" entre post-punk et lo-fi pur. Le tout se terminera par "The Sweet Devil Hand", assez proche de "Dreamevil" tout en étant une parfaite synthèse de l’EP. La cerise sur le gâteau en quelque sorte.

Et quel gâteau ! D’une cohérence rare (là où parfois, beaucoup se plantent) et d’une maitrise indéniable, la demoiselle derrière
Drunken C sait ce qu’elle veut et le prouve. On ne peut que saluer le 1er effort impeccable qui, tant en rappelant parfois Joy Division ou Nine Inch Nails offre un univers déjà fort bien construit. A suivre évidemment !


Mercredi 27 octobre 2010

Drunken C
par Domino

http://img10.hostingpics.net/pics/650914Drunken_C.jpg

Une interview pour tout les gens lassés des one man bands... Un one woman band! Et qui vaut le détour! A découvrir tout de suite dans la suite!

Cess, pourquoi ce nom Drunken C et comment est né ce projet solo?

À la base j'ai choisi "Drunken" en hommage à la chanson "Drunken Butterfly"et je ne n'ai pas choisi le titre de
Sonic Youth par hasard. Pour l'anecdote, "Drunken c" est la traduction en anglais quasi parfaite de "cé soul " le surnom que j'avais quand j'étais enfant ! (rire).


Il est vrai que j'aime l'idée d'être ivre de quelque chose, comme lorsque l'on écoute une chanson, une chanson qui te rend fou, ou lorsque que l'on tombe amoureux, cet espèce d'état second, décalé, hors du temps, on peut être bizarre et faire des choses insensés...

Il y'a quelques mois j'ai discuté avec un ami anglophone, il m'a dit qu'il aimait beaucoup le nom " DRUNkEN C», lui avait fait la traduction "DRUNKEN SEA" (Océan ivre) il trouvait ça poétique et à ce moment là, j'ai compris que je garderai définitivement ce patronyme.

Ce projet solo à commencé en 2007 quand j'habitais encore à Montréal, alors que je m'amuser à faire des lives electro sur mon Electribe, mon envie de faire du rock me manquais considérablement, j'ai essayé alors de mettre une guitare sur un beat que j'avais crée avec la machine ("Toc toc toc" , morceau paru sur ma première démo ) j'ai ressenti une satisfaction énorme, je reprenais possession de ma guitare mise de coté depuis 3 ans . Je revenais enfin à un projet qui me retournais au plus profond de mon être .ce jour là
Drunken C est née, je ne me suis plus jamais arrêtée depuis....

Ok ok, et donc une fois repris possession de ta guitare, tu as également pris possession de toutes les places d'un groupe puisque qu'il me semble que tu la seule à tenir la barre. Qu'est ce qui t'a poussé dans ce sens? Des mauvaises expériences? Un ras le bol général? Une envie simple de (n'ayons pas peur des mots) ne pas s'emmerder?

Humm, non pas vraiment, même si il faut avouer que de jouer dans un groupe ce n'est jamais facile, souvent des prises de tête, des désaccords sur les mises en place ; l’égo de chacun doit- être assouvi, les emplois du temps coordonnées etc... J’ai toujours fais de la musique seule, même si j'avais des groupes à coté. Cela à commencé quand j'avais 13 ans, je me rappelle que j'enregistrais déjà des chansons à l'aide de deux magnétophones par superposition avec la guitare et ma voix. Composer à plusieurs c'est génial mais cela n'égalera jamais la satisfaction que je peux avoir en composant seule mes propres morceaux, c'est dans ces moments-là que je me sens pleinement en osmose avec moi-même, je m'abandonne totalement.

Et cet abandon la, sur scène, tu le reproduis comment? Parce que le son de l'EP, même s'il est clairement lo fi, est quand même assez fouillé... Tout en étant immédiat d'ailleurs, c'est une des grandes forces de la chose.

Pour la scène c'est plus compliqué , car composé reste une approche très différente, En live je me produit pour l'instant avec un bassiste, (
Alex Touret bassiste de Tapenga ) pour avoir un son plus organique et plus Rock , même si la batterie peut manquer quelque fois, j'arrive totalement à rentrer dans mon morceau , notamment comme sur des morceaux comme "Strait-Jacket" ou "DreamEvil", il m'est déjà arrivée de quasiment rentrer dans une sorte de transe, le jour où j'arriverai à ce stade avec tous mes titres , j'aurais gagné une totale osmose avec mon live. Cela demande beaucoup de travail.

J'imagine oui, mais on peut te faire confiance la dessus. L'EP, sur certains points, se rapprochait un peu de cette transe dont tu parles. Il y a de manière assez récurrente un coté répétitif, hypnotique, assez obsédant qui en sort. C'est un peu comme si tu insistais sur certaines parties pour les faire rentrer dans le crane de l'auditeur. D'ou tu viens ce coté la? Avec quel musique as tu grandi pour en ressortir ce résultat? Mes premières impressions ont été de retrouver un feeling proche de Joy Division, Nine Inch Nails ou Robert Smith... Je suis dans le vrai?

Si je dois remonter très loin, l'une de mes premières approches musicale "hypnotique" était en 91, je devais avoir une dizaine d'années, ma mère avait un tas de vinyles, un jour, elle ma demandé de m'allonger par terre en fermant les yeux pour écouter les batteries et la basse tournante de l'album "The Dark Side Of The Moon" des
Pink Floyd, j'avais été captivé par l'ambiance des morceaux. cela m'a vachement marqué ! Quelques mois plus tard je suis tombée sur une cassette des Cure dans la voiture de mon père, la seule entre toutes celle de Johnny Hallyday ! (rire), même si j'avais été effrayé par la mélodie j'ai tout de suite était attiré par cette sombre atmosphère. A cette époque La cassette à pas mal tourné dans chaine hifi entre Doolitle des Pixies, The Doors, Madonna et Florent Pagny ! (rire)

Ensuite comme beaucoup d'ados de ma génération, j'étais une fan inconditionnel de
Nirvana et de la musique alternative, en 94 je tombe sur un reportage parlant de Sonic Youth je prend une claque monumental après avoir écouté la chanson "Brother James", depuis ce jour le groupe coule carrément dans mes veines, Sonic Youth m'a ouverte à un courant plus noisy et dissonant peu à peu je me suis affinée dans mes choix musicaux et j'ai élargie ma discographie ...
Des artistes comme les
Cure ou Joy Division, Nine Inch Nails ou Pj Harvey font partie des mes artistes de chevets. Cela doit certainement m'influencer quand je compose, mais je n'ai pas de démarche particulière, je me laisse aller et j'essaye de ne pas avoir de barrière.

On est toujours influencé d'une manière ou d'une autre, le tout est de savoir ressortir tout cela intelligemment. On est souvent également influencé par son environnement et, l'atmosphère de l'EP étant assez sombre, hypnotique comme je l'ai dis plus haut, j'aurais aimé savoir dans quel contexte cet EP est né... Qu'est ce que tu as voulu développer dedans, au niveau des thèmes par exemple?

Ce qui est sur c'est que j'ai eu une année mouvementé ... j'avais besoin d'une musique plus énergique pour canaliser un peu le négatif du quotidien.
En général je fonctionne à l'instinct et selon mes humeurs ...

Et les humeurs développés dans l'Ep, s'articulaient donc autour de quoi, pour les non anglophones?

Eh bien quand j'écris je m'inspire souvent de ce que je vie ou vois autour de moi, ces chansons peuvent parler des mes déceptions, de la folie, de l’amour, de la haine et un tas d'autres choses qui peuvent me toucher ou m'exaspérer et la plus part du temps je romance ça sous forme d'histoire étrange ...

Quels sont tes projets proches ?

Je me concentre déjà sur mon prochain Ep, j'ai quelques collaboration en cours, mais pour le moment je préfère ne pas en dire plus.

Très très bien, un mot de la fin, un coup de gueule, un coup de cœur, de chapeau? Tu tournes en ce moment, ou il y à quelque choses de prévu?

Coups de cœurs très récent :
Hangin Freud et Tiny Concept découvert sur myhand.thank , Guilty Strangers, Stolearm et The Unholy 50s découvert sur Zorch Factory Records, dans un style très diffèrent tous ces groupes sont excellents , j'ai immédiatement accroché quand je suis tombée sur leur pages.
En ce qui concerne les concerts, je dois avouer que pour le moment je ne suis pas dans une dynamique de faire des lives, mais plutôt dans une phase composition, je pense que j'entamerai une recherche de date dés le début de l'année prochaine.


mercredi 27 octobre 2010

"Aucun artiste ne devrait s'abaisser à produire une œuvre vulgaire pour faire de l'art pour tous. Si c'est de l'art ce n'est pas fait pour tous, si c'est fait pour tous ce n'est pas de l'art". Schönberg

E10

PARIS SEPTEMBRE 2010













mardi 12 octobre 2010

interview sur Muzzart (07/10/2010)

Drunken C alias Cécile Raynaud, déviante et dotée d'un talent conséquent...

Drunken C alias Cécile Raynaud, déviante et dotée d'un talent conséquent...

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Après plusieurs sorties fournies et abouties, loin des schémas conventionnels du rock tout public, interview de la Varoise, auteur d'un Dreamville EP récent et flamboyant.


http://www.myspace.com/drunkenc




1. Qu'est-ce qui t'a amenée à faire du rock, écrire et composer? On sent chez toi un « background » très noisy, éloigné du rock « normé »...


Cela devrait être en 94 , je me rappelle avoir regardé une émission sur M6. Le reportage parlait de "1991 The year punk Broke", le documentaire sur "Nirvana" et "Sonic Youth" en tournée, je ne connaissais pas encore le groupe de "Thurton Moore" et la chanson "Brother James" est apparue , j'ai cru me décomposer ! La bouche ouverte, je suis restée figée, j'ai eu mille impressions en même temps : " boule au ventre de joie, révolte, incompréhension, peur, j'ai reçu une claque si forte que le lundi matin j'ai séché les cours pour aller m'acheter ma première compile de Sonic Youth 'Screaming Fields Of Sonic Love". Je n'ai pas mis longtemps à comprendre que la musique dissonante était ma musique.

Mais ce qui m'a aidé à franchir le pas pour composer, c'est bel est bien le fait d'avoir vécu mon adolescence dans les années 90's, en plein essor du mouvement "Riot Girrll". A cette époque ça pullulait de groupes grunge féminins très impliqués (Babes in toyland, L7, Hole, Free Kitten, the Breeders, Lydia Lunch etc, toutes ces nanas m'ont donné la hargne ! L'envie de tenir une guitare et de hurler dans un micro, enfin les femmes avaient des couilles et cela m'a complètement fascinée...

2. Pourquoi le choix de tout faire seule? Serait-ce le manque de personnes motivées pour oeuvrer dans ce domaine musical non-conventionnel?


Depuis l'âge de 13 ans, j'ai pris l'habitude de composer ma musique seule, je me rappelle que j'enregistrais déjà des chansons à l'aide de deux magnétophones par superposition, la première ligne de guitare sur un magnéto que j'accompagnais avec ma voix et une deuxième en enregistrant sur le 2ème poste. D'ailleurs cela m'amuserait beaucoup de retrouver ces cassettes et je suis sûre de pouvoir trouver de bonnes idées à retravailler. Oui, même si j'ai eu plusieurs groupes, cela n'égalera jamais la satisfaction que je peux avoir en composant seule mes propres morceaux, c'est dans ces moments-là que je me sens pleinement en osmose avec moi-même, je m'abandonne totalement.

3. Penses-tu t'en tenir à cette formule, ou te parait-il envisageable de développer des collaborations?


DRUNkEN C restera toujours mon projet principal, mais cette année je la sens très prolifique en collaboration ... pour le moment je ne préfère pas en dire plus...

4. Drunken C... l'origine me paraît évidente, mais peux-tu nous éclairer sur le choix de ce patronyme?


À la base il est vrai que j'ai choisi "Drunken" en hommage à la chanson Drunken butterfly et je ne n'ai pas choisi le titre de Sonic youth par hasard. Pour l'anecdote, "Drunken c" est la traduction en anglais quasi parfaite de "cé soul " le surmon que j'avais quand j'étais enfant ! (rire). Il est vrai que j'aime l'idée d'être ivre de quelque chose, comme lorsque l'on écoute une chanson, une chanson qui te rend fou, ou lorsque que l'on tombe amoureux, cet espèce d'état second, décalé, hors du temps, on peut être bizarre et faire des choses insensés...

Il y'a quelques mois j'ai discuté avec un ami anglophone , il m'a dit qu'il aimait beaucoup le nom " DRUNkEN C" , lui avait fait la traduction "DRUNKEN SEA" (Ocean ivre) il trouvait ça poétique et à ce moment là, j'ai compris que je garderai définitivement ce patronyme.

5. D'où te vient ce côté incroyablement prolifique? Une sorte de don, ou est-ce une sorte de compulsivité musicale, qui te pousse à écrire et composer encore et encore?


(rire) Pour dire vrai, je ne suis pas si prolifique que cela, je prend plutôt mon temps pour écrire, j'ai des périodes où je ne compose pas pendant des mois, où je suis plus attirée par la photo et vais shooter 5 pellicules par jour, d'autres périodes ou je peux rester des semaines enfermé chez moi à faire du son 15 heures d'affilée, sans me soucier ni du jour ni de l'heure, ni même penser à manger, je suis rarement en demi mesure ... c'est certainement un des éléments qui m'incitent à rester seule pour composer.

6. Où penses-tu en être de ta démarche, dans l'élaboration de ton univers musical personnel?


Je ne sais pas si j'ai vraiment une démarche, je me laisse porter ...

Même si je fais quelque chose de noise et indie, j'ai un esprit assez punk pour la musique, j'ai envie de te dire "fais tourner le beat et envoie la sauce "! J'évite de me poser trop de questions, je fais les choses comme je les sens et quelque fois avec beaucoup de naïveté, j'aime être libre ...

7. Quel regard portes-tu sur la scène musicale actuelle en France et plus particulièrement dans le Sud, où tu résides? As-tu eu des « coups de coeur » ces derniers temps dans ce domaine?


Oui, de grands et gros coups de coeur. Il y a David Deias, il compose absolument tout, tout seul, ne se cantonne pas dans un style, il fait ce qui lui plait. Sur son myspace on peut écouter des titres, No Wave, Contry même trash, ce mec est un génie ! Il y a Cyril Mary, lui aussi c'est un putain d'artiste, Madame b qui à un sacré univers musical, très instinctif tellement génial..., Stolearm mon dernier coup de coeur dans un style plus électro indus, j'adore ce qu'il fait, il a une sensibilité qui m'a excessivement touchée. Tapenga (le groupe d'Alex Touret, le bassiste qui m'accompagne pour les live de DRUNkEN C ), un groupe" indé psyché" niçois, je te conseille vivement d'aller écouter, tu vas adorer, ils sont "fous barjo" , Curl, dans un esprit plus Cold, c'est très bien produit, G. un groupe Folk, orchestré par Greg, il compose tout lui même et fait appel à des collaborations. J'avais d'ailleurs fait un titre avec lui "The only thing", Rapido de Noir la dernière Sortit de Zorch Factory Record , ils proposent une musique "Curiste" vraiment intéressante, En France nous avons de petits joyaux qui méritent d'être écoutés avec beaucoup d'attention...

8. D'où te sont venues tes idées pour Dreamville? Es-tu allée puiser dans tes écoutes et goûts récents, ou t'es-tu efforcée de ne pas en tenir compte?


Même si j'ai mes groupes phares comme : Sonic Youth, Nine Inch Nails, Pj Harvey, Birthday Party, Joy Division, Big Black, Shellac , Brian Jonestown Massacre, The Cure, j'écoute beaucoup de choses différentes et cela se ressent clairement dans ma musique. Sur ma démo précédente comme pour les morceaux "Toc toc toc" ou "Strait-Jacket ", j'étais dans une période vachement Hip hop toute la vague "avant garde" comme Subtle, ELp , Why ?, J'ai eu une phase total Anticon, et, à cette époque, mon envie était tournée vers un gros son, gros beats et basse massive, ce qui diffère pas mal de "Dreamville". J'avais besoin de revenir à mes racines avec une musique plus brute, plus Rock, plus punk, plus noise et fatalement plus organique. Je pense également que la nouvelle vague actuelle post-punk (The Horrors, A place to bury strangers, Suicide party, s.c.u.m, Factory floor) ne me laisse pas indifférente et que j'en subis les influences.

9. Le titre lui-même, Dreamville, à quoi renvoie t-il?


Dreamville c'est un peu le reflet de la ville où je vis actuellement! (rire). Une ville bizarre comme on pourrait la voir dans un film d'Oliver Stone, une ville quasi fantôme, avec des gens étranges, tout pourrait sembler parfait, mais en réalité, quand tu y pénètres, bonjour les emmerdes ! J'adore l'esthétique proposée par ce réalisateur , des films comme The Doors, U-Turn ou Natural Born Killers arrivent encore à me captiver bien que ces productions aient presque vingt ans, il y a toujours des histoires loufoques avec des décors dont je suis fan; le désert Californien, les régions arides, les vieilles stations essence, la poussière, les squelettes de buffle sur les bas cotés de la route, les grigris...

Ca peut faire cliché, mais je crois que c'est profondément mon truc et ça depuis longtemps. j'espère pouvoir faire un voyage dans Le désert des Mojaves ... en attendant je fantasme et cela m'influence pour ma pochette ...

10. As-tu le souhait, à terme, d'être signée, voire de monter ta propre structure?


Etre signée n'est pas ma priorité, pour le moment, je suis actuellement diffusée sur deux NetLabel, Vault 106, Myhand Thanx et très prochainement sur le Label Zorch Factory Record , cela me permet de proposer mes Ep gratuitement et que certaines personnes puissent connaître ma musique par le biais de forums. L'autoproduction c'est mon mot d'ordre, on n'est jamais aussi bien servie que par soi-même ! Alors, oui, une idée depuis longtemps, pourquoi ne pas monter ma propre structure ...

11. Quels sont pour l'instant tes souvenirs les plus marquants, ou tes expériences les plus constructives, dans ton parcours musical?


C'est incontestablement David Deias (voir plus haut) qui a le plus marqué mon parcours musical. Je le considère comme mon maître, j'ai rarement vu chez une même personne autant de talent réuni. Ce mec à su me faire confiance à un moment de ma vie, à l'époque il a su me suivre dans mon trip indie alors que lui était très impliqué dans la musique sauvage (ex guitariste de Liquid Koolal et gros Fan de Pantera, slayer, Fantômas, Exploited). Je ne savais pas très bien jouer de la guitare et il a su me faire évoluer et me donner suffisamment confiance pour mettre en oeuvre notre futur projet "Mrs Deadqueen". Je peux te dire une chose : "sur scène, ça envoyait du bois "! Il y avait une puissance folle, lorsque David, accompagné de Damien Grosso, un batteur exceptionnel et de Cyril Mary, un Bassiste incroyable qui n'a rien à envier au jeu de scène de Iggy Pop, nous étions 4 fous lâchés sur scène et, encore aujourd'hui, je n'ai jamais retrouvé cette énergie destroy, et ça, même avec DRUNkEN C, cette période me rend encore nostalgique ...

12. Selon toi et si tu en as déjà une idée précise, à quoi peut-on s'attendre après Dreamville?


Il est quelque peu prématuré d'en parler aujourd'hui, comme à mon habitude, je vais me laisser aller à mes inspirations...


Par A good day for a trip, le 07/10/2010 - muzzart

dimanche 3 octobre 2010

My Hand Thanx Record


DRUNkEN C revient avec ce nouvel EP "Dreamville"... et nous emmène dans ce lieu étrange, cette ville fantôme dont on a du mal à sortir! On est accroché dès le premier titre "Soul Empty" qui, sous ses faux airs de rock'n'roll old school, propose une new wave dépoussiérée et inspirée. Les 7 titres de "Dreamville" se suivent et s'enchaînent dans un logique implacable, dévoilant peu à peu leurs secrets, cette Dream Ville se changeant peu à peu en Dream Evil... jusqu'au final, "The Sweet Devil Hand," qui achève la transformation.

DRUNkEN C is back with this new EP " Dreamville"... and takes us to this weird place, this ghost town out of which it's hard to flee! We're hooked as soon as the 1st track "Soul Empty" starts, and, under its old school rock'n'roll appearance, proposes a dusted and inspired new wave. The 7 tracks of "Dreamville" follow each other very logically, unveiling bit by bit their secrets, this Dream Ville turning slowly into a Dream Evil... until the final track, "the Sweet Devil Hand," which ends up the transformation.

vendredi 1 octobre 2010

Chronique de DREAMVILLE (dernier Ep ) par Will sur Noise r'us

On savait déjà Cécile Raynaud, alias DRUNKEN C, prolifique et performante, ses productions, façonnées à la Sonic Youth des débuts, mais de façon très personnelle et immanquablement déviante, n'incluant aucun faux pas et dévoilant de superbes pièces noisy, post/cold ou matinées d'une discrète electro (ici, un Disrespectful summons retenu, aussi sensuel qu'inquiétant, de haute volée).

Sur ce Dreamville, amorcé par Soul empty et sa basse cold à la Simon Gallup, sur lequel la sudiste chante avec l'intensité d'une Kim Gordon encanaillée, en évoquant également Kas Product et l'organe incomparable de Mona Soyoc, sept morceaux du même niveau nous sont livrés, et Drunken C creuse plus en avant encore le sillon de son rock tourmenté, insubordonné, aux humeurs multiples et souvent génialement "dark", rageurs et aboutis.
Et passé ce morceau inaugural, Mary is dead since convoque de nouveau l'esprit de Moore and Co, avec force guitares endiablées, zébrures noisy et voix enjôleuses et, en d'autres occasions, nettement plus mutines. L'effet, conséquent, se confirme, et après le Disrespectful summons décrit plus haut, Clouds Jesus (interlude), obsédant de par la répétition de ses motifs et la survenue d'un arrière-plan troublé mais bridé, s'invite à la liste des réussites d'une musicienne qui gagnerait à être connue, c'est incontestable.

C'est ensuite le très post Dreamevil, remonté, jamais éloigné des ouvertures noisy de Sonic Youth, qui nous met en joie, sur un tempo appuyé, Cécile Raynaud modulant son chant, entre colère évidente et élans plus "doux", de belle manière, des grattes offensives venant étayer son propos avec fracs et un certain brio. Jamais prise en défaut, celle-ci réinstaure, sur Give me your eyes, ces six-cordes volubiles et inspirées, et breake intelligemment ce titre lui aussi probant, pour ensuite mieux relancer la machine, incoercible, indispensable à tout amateur de rock sombre, post et noisy et de la vague allant des early 80's à dernièrement.

Enfin, sur The sweet devil hand, une electro-cold remuante et saccadée se fait entendre, allant de pair avec un chant déchiré et des souillures sonores judicieuses, et entérine de façon définitive, d'une part, l'impressionnante dextérité de la demoiselle, et d'autre part, son habileté dans l'élaboration de morceaux de superbe facture, sorte de juke-box individuel, parfaitement amalgamé, de ses goûts et influences. Avec, de plus, cet équilibre entre modernité "DIY" et références au passé assumées comme il se doit.

Un EP de parfaite tenue donc, oeuvre d'une artiste sur le cas de laquelle il va désormais falloir sérieusement se pencher.